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La loi du Karma et la prédestination

Karma veut dire avant tout Action et cela invite à penser la dynamique d'un acte posé qui enclenche nécessairement une conséquence. Le sens métaphysique de Karma évoque l'idée de rétribution, de cause générant un effet, dans un sens logique et naturel.Il y a donc une survivance de l'action au travers de ses effets, de ses conséquences. Il existe un lien indissoluble et logique d'inférence entre les deux. Cette notion de karma oblige à penser le temps et la progression car l'effet ne peut être consubstantiel à la cause "vive" dans le temps pour produire des effets dans un futur plus ou moins proche… On parle de maturation de la cause.

La seule chose sûre est qu'une action cause un effet à venir. Et puisque cette vérité est automatique et applicable à tous et à tout, elle est une LOI universelle, qui a priori ne souffre pas d'exception.

La question de savoir d'où vient cette Loi et qui l'aurait instituée est hors de propos pour ce sujet. Disons qu'elle est une Loi Naturelle et que nous vivons dans cette Nature, soumis à ses Lois dont le Karma est une représentante majeure.

D'une certaine façon, la loi du Karma est une Méta Loi car elle surdétermine tout le système et les autres lois qui produisent des causes et des effets dépendent d'elle.

Le karma pose la question de la responsabilité de l'acteur. Nous sommes tous concernés par nos actes puisque nous y sommes indéfectiblement liés par la Loi. Il faut faire cependant la différence entre rétribution et responsabilité. Si chaque acte génère une conséquence et un effet, la responsabilité n'est pas automatique.

Cette dernière ne s'établit pas vraiment sur l'acte objectif bien qu'il compte en tant que tel. Ce qui est essentiel dans l'acte ce sont les paramètres subjectifs qui le fondent tels que le motif ou l'intention. Il y a une dimension éthique ou morale dans le karma et c'est cette dimension qui survit dans l'acte, qui est appréhendée, comptabilisée et redistribuée au travers d'une conséquence. En un certain sens, la Loi du Karma n'est possible que parce que l'homme possède la soi-conscience, qu'il est doté du potentiel de discrimination, qu'il peut réfléchir sur ces actes grâce à sa mémoire et les analyser grâce à sa raison.

La responsabilité est en rapport avec le niveau de conscience de l'acteur. Il va sans dire que l'éveil de l'un pèse plus que l'inconscience de l'autre. L'acte produit par l'intelligence ne crée pas les mêmes conséquences que ceux de l'ignorance. En ce sens, la Loi du Karma est intelligente et équitable. La redistribution est adaptée et proportionnée et "chacun s'attribue immédiatement ce qu'il mérite".

Il va sans dire aussi qu'il n'est pas possible de tricher ni de s'arranger avec la Nature. Cette Loi étant Naturelle, il n'est pas possible d'y déroger ou d'obtenir une indulgence par une autorité humaine. On ne peut corrompre la Loi Karmique.

D'une certaine façon, nous sommes enchaînés par nos actes depuis notre première respiration en tant que bébé, car respirer c'est encore agir et enclencher alors une foule de conséquences biochimiques dans notre corps, qui lancent ainsi la vie incarnée. Ainsi la définition du champ de l'action doit être élargie : penser, parler, faire ou ne rien faire, ressentir, aimer, haïr, prier... tout est action produisant du Karma. L'homme est une créature, qui comme toutes les autres, est lié de tous côtés par son environnement. En tant qu'acteur, son karma lui est destiné en premier mais puisque l'homme est membre du tout, ces actes se répercutent sur ce tout dont il est partie.

A cet égard, par le karma, l'homme doit comprendre qu'il n'est pas seulement responsable de lui-même, d'un point de vue égoïste, mais responsable de ce tout qui l'inclut. L'interdépendance de tout surtout, engendrant éternellement des causes et des effets sur tous, doit amener à une conscience globale. A cet égard aussi, puisque le tout est un facteur essentiel qui détermine aussi les actes individuels - exemple de la guerre - la responsabilité s'y adapte automatiquement.

Tuer dans un conflit n'est pas rendu de la même façon que commettre de façon préméditée un homicide égoïste pour de l'argent.

Malgré une approche relativement passive et fataliste du karma en Asie, le principe de cette Loi invite, comme son nom l'indique, à l'action. Puisque nous sommes les créateurs des conséquences qui se produisent par nos actes et notre motivation, nous pouvons dès lors engendrer intelligemment et consciemment notre futur par des actions au présent.

C'est ici que la répétition doit se comprendre comme puissance. Par l'acte de recommencer un acte avec une motivation spécifique, nous installons karmiquement une tendance, puis une habitude qui peut alors devenir un trait de caractère voir une destinée. A la manière d'un filet d'eau qui devient rivière en coulant toujours plus abondamment dans son lit, l'homme concentré peut avec le temps, dessiner quelque chose par la répétition et orienter ses actes dans un souci de création consciente. Plus on répète, plus on institue une direction au travers des effets qui s'accumulent et constituent une force.

Ainsi, plus on boit, plus on devient alcoolique et l'on s'installe profondément dans une tendance funeste. Mais à l'inverse, plus on médite correctement, plus on s'illumine. La loi est neutre et la redistribution est aveugle en ce sens qu'il n'y a pas jugement ni appréciation sur ce qui doit être retourné. Seul l'acteur se juge lui-même au travers de l'acte et de sa motivation. Il n'y a pas de juge extérieur qui sanctionne, il n'y a que l'individu face à lui-même qui reçoit immédiatement dans le temps ce qu'il mérite.

La loi Karmique n'est donc pas une loi de vengeance mais une loi de justice et d'équité. Son but n'est pas la punition mais l'éducation. C'est la personne qui se punit toute seule à travers la nature de son acte car "on récolte ce que l'on sème" disait Jésus-Christ. Rien de plus.

Bien comprise, cette loi est un formidable moyen d'action pour égoconstruire quelque chose, seul ou à plusieurs et l'homme rationnel peut faire usage de ce levier pour s'élever et grandir. Cela implique donc de comprendre que nous sommes la source de notre turpitude ou de notre ascension. La qualité et la quantité de notre effort personnel déterminent toujours directement la conséquence qui revient en boomerang. Nous nous aidons nous même et dans ce processus, la véritable aide ne peut venir que nous même.

Il n'y a donc pas de karma au sens de destin ni de fatalité. Nous héritons de nos propres actions et nous apprenons de nos erreurs en vivant leurs conséquences. Si nous ne les comprenons pas, nous revivons la conséquence à travers un nouvel effet qui se manifeste jusqu'à ce que la leçon soit comprise. Il y a une correction par le fait de recevoir l'effet et d'y répondre harmonieusement. En cela, la Loi du karma conduit à l'équilibre.

Ainsi, la Loi du Karma a une utilité et un sens téléologique. Elle cherche à éduquer l'homme en l'invitant à vivre une expérience liée à un acte causal qui est le sien, en l'invitant à établir et à comprendre l'implication de ce lien de causalité entre les deux et à en tirer la conséquence pratique. Par exemple, si la réponse à un effet est équitable et juste tandis que la cause était négative, il y a un équilibre qui est établi avec la cause première génératrice de l'effet et d'une certaine façon, la leçon étant comprise, la cause s'éteint.

C'est la raison de la doctrine bouddhiste du juste milieu. L'équilibre et l'harmonie produisent des actes justes qui n'entraînent pas de karma négatif, voir pas de karma du tout. La raison d'une loi renvoyant l'homme face à ses actes est de lui permettre d'apprendre de ses erreurs, de se corriger et de grandir en conséquence. Le but est l'élévation de l'homme par l'apprentissage de juste relation avec les autres hommes ainsi que tout ce qui vit autour de lui. La dimension éthique élucide le cadre idéal pour agir au sein de la Loi. Si tout est possible, tout n'est pas juste et sain. Le premier stade est la compréhension égoïste de la nécessite de ne pas se renvoyer des effets négatifs à cause de ses actes négatifs ou impropres.

L'homme par nature cherche le bonheur et évite la souffrance. La Loi karmique le guide vers cette réalité au travers de l'expérience. Ainsi il apprend à se connaître lui-même grâce à ce mental réflexif qu'il possède. A un niveau moins mondain, certains actes élèvent la conscience, d'autres l'abaissent or le but est une expansion de conscience toujours plus grande amenant plus de compréhension, de sagesse, d'amour, de compassion, de volonté supérieure...

 

Devhan Gael 

Médium pur


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